Oser changer de voie - Mon histoire

by - 17:00


Bien le bonjour l'ami!

Début décembre, j'ai décidé d'arrêter mes études en journalisme. Sincèrement, ce fut l'une des décisions les plus difficiles que j'ai dû prendre... mais aussi l'une des meilleures. Et j'ai envie de partager ça avec vous aujourd'hui, je me dis que ça pourrait aider certain(e)s d'entre vous. 

Ce sujet sera sans doute divisé en plusieurs articles pour éviter de faire un roman, et pour aborder en détail les différents points (pourquoi j'ai arrêté, comment ça va aujourd'hui, mes conseils, oser le changement, etc.).

L E   T O P O 

Pour faire court : je suis diplômée en lettres romanes depuis septembre 2017. Comme l'écriture me passionne depuis toujours - et que je n'avais pas envie d'enseigner - je me suis tournée vers une formation d'un an en journalisme. Dans ma tête, c'était la seule et unique voie à suivre pour moi, j'étais super emballée avant même d'avoir mis un pied dans cet univers. C'était certain : j'allais adorer! 
Sauf que... non. 

Je me doute que pour certains cet article va paraître exagéré dans le sens où j'ai déjà un diplôme, mais être confronté pour la première fois à une erreur de parcours, je pense que ce n'est jamais évident, diplôme ou pas! Et si ça peut aider d'autres personnes qui sont dans une situation peut-être plus complexe que la mienne, alors c'est gagné!


M O N   E R R E U R 

Dès les premières semaines, j'ai bien senti, au fond de moi, que ce serait une formation très stressante, peut-être un peu trop pour moi (et j'avais du mal à me l'avouer à l'époque). Des exercices toutes les semaines, des journalistes professionnels pour les juger (parfois d'une façon très bienveillante, parfois beaucoup moins), mais surtout une approche de l'écriture que je n'avais pas imaginée. Le constat est sans appel : être journaliste, en fait, ce n'est pas vivre de sa passion pour l'écriture. Et là, c'est le drame.

Réaliser que l'écriture est au second plan, ça me fait mal. Le véritable enjeu du journaliste, c'est informer continuellement les citoyens. Et c'est tout à fait admirable. Mais ce n'est pas ce que je veux faire. 

Et pourtant, encore une fois, je me mens à moi-même. Pourquoi? Parce que faire des études en journalisme, ça le fait. Parce que tout le monde a l'air admiratif. Parce qu'être "au service des gens", c'est beau. Alors pendant les premières semaines, j'essaie de me convaincre que c'est génial, que j'ai juste besoin d'un temps d'adaptation. Grosse erreur.

Dans ma tête à ce moment-là : une petite voix qui essaie de se faire entendre, mais la raison qui prend toute la place
(Merci les Simpson)

L E   D E C L I C 

Il aurait pu être mon humeur de chien (quand d'habitude je suis plutôt joviale), le fait que je ne prenne plus du tout soin de moi, ou mon ennui pendant les cours, mais non... Mon déclic fut... un statut facebook. 
D'un de mes amis plus précisément, qui faisait cette formation avec moi. Il expliquait qu'il avait la sensation d'avoir trouvé sa voie, qu'il sentait qu'il était fait pour ça. Constat sans appel n°2 : moi non. 

Et à partir de ce moment-là, quand tu admets enfin que tu ne te sens pas à ta place, c'est le début de la fin : "mais du coup pourquoi je fais ça?", "qu'est-ce que je fous ici?" "Mais je suis en train de perdre mon temps", "je passe à côté de plein de choses", "ce n'est pas ce que j'ai envie de faire, alors pourquoi je le fais?" et j'en passe (sympa l'ambiance). Ajoutez à cela des pleurs absolument tous les jours, avant et après les cours, des insomnies (pour la première fois de ma vie) et des crises existentielles pour tout et n'importe quoi ("est-ce que je fais des macaroni ou des tagliatelles? Punaise je sais paaaas")



E N  P A R L E R 

Après me l'être avoué à moi-même, j'ai eu un peu plus de facilités à en parler. D'abord à mon chéri, qui a été absolument merveilleux avec moi, très compréhensif et qui m'a dit tout ce que je voulais entendre. Son discours m'a vraiment aidée à me dire "ce n'est pas grave de se tromper, c'est autorisé!"

Le jour même, j'apprends qu'une de mes amies, en cours avec moi, pense arrêter aussi, pour les mêmes raisons. Le fait de me sentir moins seule a beaucoup joué aussi, car j'avais jusqu'à présent l'impression que tous mes potes adoraient cette formation, qu'ils étaient hyper enthousiastes. Difficile d'assumer que toi tu vas mal dans ce genre de contexte.

J'en ai parlé par après à ma famille, et tout le monde en est arrivé à la même conclusion : si ça ne me plaît pas, il vaut mieux que j'arrête. 
C'est décidé : je quitte le monde du journalisme. Je l'annonce à mes camarades de cours et à mes proches, ce qui vaut quelques réactions évidemment, mais globalement tout le monde me comprend et me soutient. Une ou deux semaines plus tard, je l'annonce au professeur principal, qui est lui aussi très compréhensif. 



A P R E S   L'A R R E T

Les deux semaines qui ont suivi, je me suis portée comme un charme! Le sommeil est revenu instantanément, je me sentais libérée d'un poids et j'avais, pour la première, pris une décision pour moi, parce que je sentais au fond de moi que c'était ce que je devais faire. Je me sentais en parfaite adéquation avec moi-même. 

Mais j'avais l'impression horrible d'avoir des comptes à rendre, de devoir rebondir immédiatement, de trouver autre chose le plus vite possible. J'ai commencé à envoyer des CV partout, même dans des endroits où je n'avais pas spécialement envie de travailler (cherchez l'erreur), et je flippais de voir les jours et les semaines défiler sans qu'on me rappelle. Cet épisode s'est conclu par une crise de larmes, assise dans mon lit, à 1h du matin (la base). Nouvelle discussion avec mon chéri (décidément, merci ) qui me remet sur le droit chemin : "personne ne te force à trouver tout de suite, c'est difficile de déterminer ce qu'on veut, alors détends-toi et prends ton temps"

Depuis cette discussion, ça va beaucoup mieux. J'assume le fait d'avoir arrêté, et surtout d'avoir besoin d'un peu de temps avant de me lancer à nouveau dans quelque chose. Et depuis, tout se met progressivement en place : j'ai travaillé un peu en tant qu'étudiante, et je donne des cours particuliers toutes les semaines. Et surtout, psychologiquement et physiquement, je me sens de nouveau bien.



Aujourd'hui je pense sincèrement qu'il est très important de suivre son instinct et de prendre nos décisions pour nous-mêmes, parce qu'on sait au fond de nous ce dont on a besoin. Je pense aussi que tout finit par se mettre en place, et que tout arrive pour une raison.

J'espère que ce premier épisode de la série vous a un minimum aidé si vous vous retrouvez dans mon témoignage. Gardez à l'esprit que ce n'est pas grave de ne pas savoir, de douter voire de se tromper. Je l'ai fait, et cet "échec" m'a beaucoup servi, plus que n'importe quelle réussite!

Je vous retrouve très vite pour de nouvelles aventures, et pour le prochain épisode!




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18 réactions

  1. Coucou ! C'est un super chouette article !Pour moi ce n'est absolument pas un échec, cela t'a sûrement appris plein de choses :) On a le droit de se tromper comme tu dis, le principal c'est de continuer à avancer. Je te souhaite de trouver ta voix, celle qui te fera vibrer :p bises !

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    1. Merci beaucoup pour ton commentaire Marine ! :)

      Bisous!

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  2. J'ai aussi changé de voie, pas pour les mêmes raisons. Aujourd'hui j'ai un travail (mon premier CDI à 31ans) et j'ai mon nouveau métier. Écoute toi et tu y arriveras

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    1. C'est très inspirant et motivant de lire ça, merci ! :)

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  3. C'est une expérience ou tu as appris plein de choses sur toi même. La même situation m'est arrivée avec mon travail et sur le moment c'est très difficile. Mais au fil du temps, on en sort grandi et soulagé :)
    Belle journée
    Laurie
    http://onlylaurie.fr

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    1. C'est certain, j'en ressors grandie !
      Merci beaucoup pour ton commentaire! :)

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  4. Oui, il faut écouter "la petite voix". On ne vit qu'une fois ;-)

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  5. Hello toi,
    Je me suis vraiment reconnue dans ton article. Comme toi, je me suis "forcée", je me suis entêtée à poursuivre une année d'études qui ne me correspondaient pas... Avec les même symptômes: insomnies, humeur de plus en plus maussade, plein de questionnements, une certaine anxiété. Heureusement j'ai su ouvrir les yeux au moment où il le fallait: je ne pouvais pas continuer sur cette voie. J'avais envie de faire quelque chose, et c'était pas si grave que ça de lâcher une année en cours... D'ailleurs, ironie: je lâche mes études actuelles pour une alternance de journalisme ;)
    Tu as eu beaucoup de chance d'avoir des proches aussi encourageants et bienveillants en tout cas!

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    1. Ton commentaire me fait vraiment plaisir, merci ! :) C'est certain, je suis très chanceuse et reconnaissante d'avoir des proches aussi compréhensifs :)
      Haha ironie quand tu nous tiens, mais si c'est ce qui te correspond le mieux, tu as bien raison !

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  6. mais tu as tellement bien fait !!! comme quoi rien ne sert de persévérer dans une voie qui n'est pas la sienne. moi je me reconvertis... au bout de 20 ans. bon je te rassure, je n'ai pas été mal pendant 20 ans, je dirai juste les 2 dernières années. Et aujourd'hui je redémarre une activité professionnelle a plus de 40 ans. alors crois moi les crises de larmes, je vois ce que c'est !! mais je pense qu'elles sont derrière moi maintenant ! Et vers quoi je me suis tourné ? vers l'accompagnement des personnes qui veulent retrouver du sens dans leur vie professionnelle ! en tout cas laisse toi le temps de te retrouver et de réfléchir. et dis toi qu'aujourd'hui, on a plusieurs vies professionnelles, alors quel que soit ton futur choix, tu ne signeras pas forcement pour 40 ans !

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    1. Merci beaucoup !!
      C'est très inspirant comme témoignage, merci beaucoup ! :)

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  7. C'est très courageux de changer de voix lorsqu'on se rend compte que ce n'est pas fait pour nous ! :)

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  8. Ma fille aînée a commencé ses études pour être traductrice et au bout d'un an et demi, elle n'était plus motivée, ça ne l'intéressait plus. Elle a arrêtée au premier semestre. En septembre, elle décide de faire complètement autre chose, tourisme. Elle s'est inscrite et y est heureuse et motivée d'aller plus loin.

    Moi même j'ai repris mes études à 30 ans, je voulais faire carrément autre chose. Et j'en suis très contente maintenant.

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    1. Merci pour ce joli témoignage, c'est très courageux d'avoir repris des études, je trouve ça super ! :)

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  9. C'est courageux ta décision. Encore trop peu de personne ose faire ce choix, malheureusement. On a le droit à l'erreur, on a le droit de découvrir diverses disciplines avant de faire son choix. On a le droit de changer de choix aussi ! On a le droit de vivre, de tester, de s'aventurer pour mieux se trouver ! Bravo en tout cas !
    https://la-parenthese-psy.com/

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    1. Merci beaucoup pour ton commentaire! C'est sûr, on a le droit de se tromper! Mais on se met beaucoup trop de pression je trouve, comme si ce n'était pas permis de changer d'avis, c'est dommage!

      Encore merci ! :)

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